La question ainsi posée, m’oblige, non pas de résumer les points principaux de ce débat- qui a largement posé le cadre de notre rencontre -mais de souligner et d’interpréter ceux qui me semblent enrichir tout particulièrement la réponse sur ce qui constitue véritablement un frein à notre développement.

Tout d’abord sur la question qui nous est posée, je me suis intéressé sur la notion de développement et notamment sur son ambiguïté.

Le développement n’est rien d’autre qu’une idéologie : la dernière idéologie des temps modernes. A présent ce n’est plus du développement que l’on parle mais de l’émergence.

S’agissant de la Banque Mondiale, il faut dire que ce n’est qu’un groupement de plusieurs organisations intergouvernementales, dont la plus importante est la Bird (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) et sa mission de développement est inscrite au premier paragraphe de l’article de ses statuts, rédigés et décrétés à la conférence de Bretton-Woods en juillet 1944. Mais, les deuxième et troisième paragraphe du même article précisent immédiatement le contenu et les modalités de ce développement, puisqu’ils assignent aussi pour objectifs à la nouvelle banque de “promouvoir les investissements privés à l’étranger” et de “promouvoir l’harmonieuse expansion, sur une longue période, des échanges internationaux”.

Ces deux objectifs constituent, encore aujourd’hui, l’essentiel du credo de la Banque mondiale en matière de développement.

Ce sont là des objectifs qui doivent nous faire comprendre, nous autres, africains que tous les discours sur la réduction de la pauvreté ou sur le développement durable – ne sont que des présentations politiques, “conjoncturelles”, d’une mission qui demeure permanente. Et, le mot permanent n’est nulle part inscrit dans les statuts de la banque mondiale.

Les institutions internationales financières, en premier la Banque mondiale défend la thèse selon laquelle que le développement est axé sur les forces du marché, c’est-à-dire sur l’investissement privé étranger et l’intégration maximale de nos économies nationales dans les échanges mondiaux afin de réduire notre pauvreté et d’accélérer notre développement durable.

Le développement tel qu’il est conçu par la Banque mondiale est d’abord des occasions de profit, par l’investissement en capital et la croissance des échanges.

Dire cela, n’est pas une critique, c’est un simple constat de la mission assignée à la Banque par ses propres statuts.

En effet, que fait une banque qui à une telle mission ? Elle fait son métier : elle prête. Or, pour prêter, une banque doit s’assurer de la solvabilité de ces clients, nos pays. Et, cette assurance nous est donnée par la banque mondiale elle-même à travers les projections macroéconomiques qu’elle réalise pour nos pays avec des taux de croissance que même les pays développés n’atteignent pas.

Donc, il y a lieu de dire que les institutions internationales ont leur part de responsabilité dans la crise de la dette de nos pays et que nos gouvernements ont la plus grande part de responsabilité

Et, la question de ce débat : la banque mondiale est-elle un frein à notre développement ? Mérite d’être nuancée.

Dans le Rapport 2016 de l’ICA (Consortium pour les infrastructures en Afrique), on peut y lire que le montant total du financement du développement des infrastructures déclaré en 2016 s’élevait à 62,5 Milliards de dollars.

 

Les Gouvernements africains s’étaient engagés sur leurs budgets nationaux à hauteur de 42% soit 26,3 Mds de dollars et les membres du groupe Banque mondiale à hauteur de 28,9% soit 18,6 Mds de dollars (dont 4,1Mds de dollars pour la Banque Mondiale).

La Chine s’étant engagée à hauteur de 10,3% soit 6,4 Mds de dollars. D’autres partenaires finançant le reste. Ce rapport montre bien que les institutions financières financent une partie et nos pays doivent financer aussi une partie.

S’agissant du FMI, le mécanisme est différent car le rôle principal du FMI est d’intervenir sur le marché monétaire mondial et au cas échéant d’aider les pays en difficultés financières ou endettés.

Il s’agit là d’un rôle pour stabiliser les taux de change et pour équilibrer les balances de paiement des gouvernements inflationnistes et surendettés.

En effet, prenons un pays, qui a une monnaie locale et qui exporte le pétrole. En cas de baisse de prix de pétrole ou de baisse de la production, ce pays devient moins compétitif au niveau international et ses exportations vont baisser. Ce qui affecte gravement sa balance de paiements mais aussi peut entrainer l’effondrement de sa monnaie.

C’est ici que le rôle du FMI est déterminant en créant artificiellement de la monnaie par les fonds alloués à un pays pour que sa monnaie ne s’effondre pas. Il y a un lien direct entre les exportations et l’augmentation de nos dettes publiques.

La dette extérieure de l’Afrique est en hausse, du fait principalement de la baisse des recettes d’exportation, de l’augmentation du déficit courant et du ralentissement de la croissance économique.

Aujourd’hui, les dettes publiques de nos pays ont atteint des niveaux jamais atteints et, à y voir de plus près ce ne sont pas les prêts de la BM ou du FMI qui rendent nos dettes insoutenables mais c’est plutôt la nature contractuelle de nos dettes envers la Chine qui inquiète car les prêts chinois exigent la « collatéralisation » portant sur des terres, des matières premières, etc.

Au Sri Lanka, la Chine a obtenu la concession du port de Hambantota (une ville située sur la côte sud de l'île) pour 99 ans et 15 000 parcelles de terrain suite à un défaut de paiement, c’est la même chose pour l’Aéroport de Djibouti. Le Soudan du Sud va utiliser son pétrole pour payer à la Chine ses projets routiers, réalisés par des entreprises chinoises.

Nous avons vécu l’époque où l’argent prêté par les occidentaux, revenait dans la poche des occidentaux. Voici, venu le temps où l'argent donné d'une main par la Chine revient ainsi dans la poche de Pékin via ses entreprises publiques.

Alors, si je devais choisir entre les institutions financières internationales et les prêts chinois, j’opterais pour la Banque mondiale et le FMI.

Je salue d’ailleurs la présence du FMI au Congo qui du 6 au 14 novembre 2018 avec un programme bien chargé dont le plus important reste la rencontre avec le ministère des finances.

Cette mission a pour finalité de présenter la situation réelle de l’économie congolaise comme le ferait toute banque avant d’accorder un financement.

J’espère donc qu’à l’issue de cette mission, l’information collectée permettra enfin d’évaluer la situation économique actuelle du pays afin d’envisager des perspectives d’amélioration.

Ce que le FMI demande, ce que d’ailleurs tout prêteur ferait c’est de connaitre la solvabilité de son client et sa volonté de s’inscrire dans ce qui fonde le FMI au regard du consensus de Washington.

Tout pays endetté qui sollicite le concours du FMI doit présenter le statut des discussions avec ses créanciers extérieurs et l’audit qui en découle ; les point sur les réformes structurelles engagées ou à engager ; la sincérité de l’exécution du budget en cours ; les techniques de gestion de la dette publique mais surtout la gestion de la trésorerie de l’Etat présentée sous la forme du tableau des opérations de l’Etat (TOFE de l’année en cours).

L’accord du FMI sera signé si seulement un effort fiscal ayant impact sur le PIB est possible. Ce qui signifie que le pays accepte de mettre en place un PAS (plan d’ajustement structurel) car le FMI n’interviendra que pour stabiliser la balance de paiement, tel est son rôle principal.

Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère de l’Emergence. Pour que cette émergence se réalise, nos pays doivent accroitre leurs capacités de mobilisation des ressources intérieures.

Et maintenant, que faire et par où commencer ?


Par Verlin Richard BEKA BEKA


Tout d’abord, parler de fiscalité c’est admettre qu’elle est intimement liée à la construction des Etats modernes. Notre pays le Congo s’est inscrit dans cette modernité en adoptant un système politique reposant sur le lien politique qui lie le peuple à sa représentation nationale. Ce qui donne donc à notre Assemblée nationale, le rôle de consentir à l’Impôt. Ce qui signifie que c’est, nous, peuple congolais, qui donnons l’autorisation au Gouvernement d’exécuter les dépenses publiques et de collecter les recettes fiscales.

Le Congo-Brazzaville "est bien loin de la banqueroute" a affirmé son président Denis Sassou Nguesso à l'occasion de la fête nationale mercredi.
 
Comment comprendre une telle déclaration ? Que signifie « être loin de la banqueroute » ? En tout cas, cette déclaration n’apporte aucun élément factuel permettant d’affirmer que le pays est bien loin de la banqueroute. Tout d’abord la Banqueroute est une infraction pour tout chef d’entreprise qui étant en cessation de paiements continue à gérer l’entreprise ce qui constitue un fait de gestion frauduleuse.

La promotion du secteur privé n’est possible qu’en incitant les banques locales à élaborer une politique spécifique de Crédit ayant pour objet de donner un cadre général aux engagements octroyés par ces banques aux TPE et PME locales.

Il s’agit d’inciter les banques locales de disposer d’un outil de politique commerciale sélective des TPE et PME dans des secteurs porteurs, créateurs d’emplois et de richesse.

Cette politique spécifique de Crédit doit s’appliquer à toutes les TPE et PME évoluant dans les secteurs porteurs et à forte valeur ajoutée localement.

Ce sont donc toutes les entreprises dont le développement et la pérennité dépendent principalement de la commercialisation de produits et/ou de services d’usage majeure(s).

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