Eugène Nsondé : ‘’ On devient créatif quand on dépasse la technique.’’

Une oeuvre de Eugène Nsondé - Image: Anthony Mouyoungui

Cultures
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Il a fallu attendre l’exposition ‘’Métaphore du Bing Bang’’, du 18 au 29 avril aux Galerie Carole Kvasnevski et Galerie 9, pour assister au retour du sculpteur Eugène Nsondé. Pour l’occasion, l’artiste reste fidèle à lui-même et à sa source d’inspiration principale : la femme. ‘’La femme c’est toute une histoire. Je pense qu’on peut raconter le monde avec la femme. C’est ce que j’essaie de faire et je l’aime comme elle sans fritures’’ explique-t-il.

Il propose au public deux œuvres, ‘’Etreinte de la mère’’ et ‘’Groupe de femmes’’. La première représente une mère protégeant son bébé, l’aspect le plus connu de la femme ; la seconde est une série de plusieurs mini sculptures qui peignent des groupes de femmes. ‘’La femme ce n’est pas seulement une mère ou une épouse, la femme c’est aussi une amie ou une sœur. Je travaille sur une série de groupe de femmes qui vivent, qui se parlent, qui racontent leur vie, leur quotidien’’ ajoute Eugène Nsondé. Il représente la femme dans le plus simple appareil, sans impudeur.

Elles sont joyeuses, tristes, interrogatrices et perplexes. Elles sont sensuelles, naturelles ; elles posent et s’exposent avec grâce. Par l’effet d’optique, le visiteur a l’impression incroyable de les voir bouger alors qu’elles sont en terre cuite et ont l’air de dire ‘’nous sommes femmes et nous en sommes fières’’. Si certains artistes sont inspirés par l’actualité, ce n’est pas le cas pour le sculpteur. Au contraire, il s’en éloigne ‘’j’essaie de m’éloigner de l’actualité, je ne veux pas inscrire la femme dans l’actualité. La femme est un être qui a des envies, qui vit et qui s’amuse’'. Il la voit dans sa globalité.

Depuis son exposition ‘’Rétrospectives’’ en 2014, Eugène Nsondé s’était retiré de la scène afin de se retrouver. ‘’Il y a des moments où l’on se perd parfois dans les méandres de la vie, c’est normal et on a besoin parfois et très souvent de se retrouver, suivre un chemin, tout devient automatique, on ne crée plus rien on n’invente plus rien. J’ai eu besoin de me retirer un moment, de me retrouver, de me questionner et d’avoir des doutes. Je pense que c’est important et de voir un peu ce que je pouvais chercher à l’intérieur de moi, s’il y avait quelque chose d’autre que ce que j’avais donné’’ affirme-t-il.

Quatre années ont été nécessaires à l’artiste de se retrouver et retrouver, en même temps, l’envie d’explorer de nouvelles pistes. Dans cette quête, Eugène NSondé, tel un marin perdu dans l’océan, avait un phare pour le guider vers la rive : la sculpture. Cette dernière l’a remis dans le droit chemin au grand plaisir des amateurs d’art qui peuvent, à nouveau, admirer les œuvres de ce sculpteur congolais plein de talent. ‘’Quand on est un peu perdu au milieu de l’océan, j’ai un phare et c’est la sculpture. Je peux me balader, chercher ailleurs, je me perds un peu (je me permets de me perdre) et je regarde mon phare, la sculpture, et je reviens’’ conclut Eugène NSondé avec le grand sourire qui le caractérise.