Economie : le Congo veut zapper le FMI

Denis Sassou Nguesso, président du Congo - DR

Economie
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Le recours au FMI pour résorber la crise économique qui sévit au Congo a sans doute été une erreur de débutant du pouvoir de Brazzaville. Il traîne désormais les pas pour finaliser avec le FMI, car des pistes mal explorées au début des négociations avec le Fonds, permettent désormais à Brazzaville d’échapper aux fourches caudines du FMI.

La potion était trop amère à avaler pour les congolais. En effet, les deux missions du FMI à Brazzaville ouvrant les négociations pour une aide financière en faveur du Congo avaient permis de mettre à nu la mal gouvernance, la dette cachée et des pratiques occultes dans la gestion publique. Les conditions imposées par le FMI (Audits des compagnies publiques, reformes, lutte contre la corruption, rapatriement des fonds cachés à l’étranger, résolution de la crise du Pool…) ont fini par décider le pouvoir de Brazzaville de traîner les pas pour la phase finale des négociations avec le FMI.

Attendue à Brazzaville le 7 mars 2018, la mission des services du FMI a été reportée sine die. Le Congo, voudrait se passer du FMI pour se sortir de la crise, en explorant 3 pistes. La première passe par la Chine, avec laquelle Brazzaville veut renégocier sa dette extérieure. Cela passerait par la signature d’un moratoire avec la Chine qui détient la plus grande créance (dans la dette extérieure du pays) du Congo. La deuxième piste consiste à engager des négociations avec les Trader Trafigura et Glencore auprès desquels une partie de la production pétrolière avait été gagée. Enfin, la troisième piste qui dépend des marchés, consiste à miser sur une remontée du cours du baril de pétrole et sur une augmentation de la production pétrolière qui selon les prévisions pourraient intervenir à partir du mois d’avril.

Dans tous les cas, FMI ou non, le Congo doit s’engager dans une démarche de bonne gouvernance, nécessaire pour garantir la paix sociale. Le gouvernement congolais voudrait garder des marges de manœuvres vis-à-vis du FMI dont les exigences notamment dans la gestion du pétrole pourrait mettre en difficulté Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président en charge de la gestion de la SNPC, la compagnie pétrolière publique.