Finances publiques : hausse attendue des ressources budgétaires en 2019 au Congo !

Economie
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Fiction ou réalité ? Prévisions irréalistes ou réalistes ? Que chacun fasse son opinion.

Je suis tombé sur cet article qualifié de communication du Ministre des finances du Congo en consultant ce lien : http://adiac-congo.com/content/finances-publiques-hausse-attendue-des-ressources-budgetaires-en-2019-86572

Ma première réaction a été de m’interroger sur le budget 2018 où rien n’a été dit. Ce budget 2018 prévoyait 1 603 milliards de Franc CFA pour les Recettes et 1 384 milliards de Franc CFA pour les Dépenses. Soit un excédent budgétaire atteignant 219 milliards de FCFA.

Question au gouvernement : Monsieur le Ministre des finances qu'en est-il de ce Budget 2018 ?

Aujourd'hui, nous ignorons si ce budget 2018 sera réalisé et voilà que le gouvernement annonce que les ressources budgétaires atteindraient 2077 milliards 900 millions de francs CFA en 2019 contre 1602 milliards 600 millions de francs en 2018, soit une hausse de 29,7%. Mais que ces recettes se réduiraient à 2022 milliards 900 millions de francs CFA en 2020 et de 1965 milliards 500 millions de francs CFA en 2021.

Décryptage :

- 2019 : 2077 milliards 900 millions de FCFA

- 2020 : 2022 milliards 900 millions de FCFA

-2021 :1965 milliards 500 millions de FCFA.

Pendant les 3 ans à venir les recettes budgétaires baisseraient donc de – 3 % en 2020 et de – 5,4 % en 2021 par rapport à 2019.

Questions au Gouvernement : Monsieur le Ministre des Finances, comment faites-vous pour prévoir des recettes en baisse pendant 3 ans ? Le but d'un gouvernement n'est-il pas de travailler à présenter des mesures permettant d’augmenter des recettes budgétaires et de baisser les dépenses publiques ? Ne pensez-vous pas qu'une telle communication n'est pas faite pour rassurer nos partenaires et surtout les marchés financiers avec pour conséquence de dégrader à nouveau la note du pays ?

Ce qui surprend dans cette communication du Ministre des Finances, c'est que ces prévisions seraient basées sur une PROBABLE montée des cours de pétrole.

Question au Gouvernement : Monsieur le Ministre des Finances, avez-vous pensé à un plan B si la probable montée du cours de pétrole ne se manifeste pas ?

Ce sont là des questions que le simple citoyen qui regarde la gestion de son pays attend de ses dirigeants afin de COMPRENDRE pour soutenir l'action de son gouvernement permettant de transformer le pays.

La communication ne serait être confondue à la Propagande car titrer cette information par : "hausse attendue des ressources budgétaires en 2019 ", ce n'est pas communiquer mais de la propagande de mauvais goût.

En effet, communiquer c'est vouloir entrer en relation avec sa population et donc permettre à travers sa communication que la population puisse COMPRENDRE les actions prévues pour se rapprocher à l'échéance de la prévision ou de la réaliser.

 

Or, ici la seule action qui est donnée consisterait à attendre ou espérer la "probable montée du cours de pétrole".

Ce qui est extraordinaire c'est d'annoncer une hausse en 2019 puis suivie d'une dégringolade dès 2020 jusqu'en 2021 et la suite ce serait quoi donc ?

Nous avions cru comprendre que le Congo avait décidé de suivre l'exemple du Rwanda pour sécuriser ses recettes publiques. Pas de chance le Rwanda n'a pas de pétrole et n'élabore pas ses prévisions budgétaires sur la base d’une probable montée des prix du pétrole.

Suivre l'exemple du Rwanda c'est assainir le climat des affaires et favoriser l'intégration du secteur informel vers le secteur formel.

C'est ainsi qu'un État élargit son assiette fiscale en promouvant son secteur privé. En ayant des TPE et PME locales avec des capacités de production nécessaires qui créeront de l'emploi durable et de la richesse.

Ce qui permettrait à l’État de passer du mode traditionnel où tout se comptabilise et se paye à la main à la modernité avec le NUMÉRIQUE.

Si la numérisation est en effet un outil permettant de sécuriser les recettes fiscales mais pas seulement, celle-ci n'a de sens que si l’État dispose d'un tissu dynamique du secteur privé, lequel secteur alimentera les recettes budgétaires à travers les cotisations sociales et obligatoires des employeurs et des travailleurs.

DONC, l'urgence pour le Congo n'est pas de communiquer sur les prévisions budgétaires de 2019 à 2021 ce qui apparente à une terrible fin de mandat car quelle réjouissance peut-on avoir à finir son mandat sur une prévision budgétaire en chute libre.

 

L'honneur d'un gouvernement est de finir son mandat sur une note positive.

  • L'urgence est de communiquer sur les réformes de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.
  • L'urgence est d'assainir les affaires.
  • L'urgence est d'instaurer un État de droit sans lequel aucun développement socioéconomique n'est possible.