Au Congo-Brazzaville, la journée mondiale des enseignants sur fond de grèves

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Afrique
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Cynisme, mépris, indifférence, ignorance ou fuite en avant? En tout cas, dans son message sur la journée mondiale des enseignants célébrée le 5 octobre 2018, Bruno Jean-Richard Itoua, Ministre de l'enseignement supérieur, n'a pas osé évoquer la grève des enseignants aussi bien au niveau de l'enseignement supérieur où l'Université Marien Ngouabi demeure paralysée par ce mouvement social qu'au niveau de l'enseignement primaire et secondaire où la grève de 21 jours des enseignants perturbe sérieusement les cours. La cause de ces grèves est principalement le paiement d'arriérés de salaires.


Le Ministre Bruno Jean-Richard Itoua a préféré parler des conditions de travail des enseignants et des apprenants que le Gouvernement améliore à travers ses politiques de construction des infrastructures de base. Pour lui, la préoccupation du Gouvernement porte aujourd'hui sur le déficit en enseignants et la qualité de leur formation.


Au Congo-Brazzaville, la journée mondiale des enseignants, qui marque, cette année, le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), est tombée dans un contexte de grève des enseignants. Autant dire que la condition de l'enseignant dans le secteur public au Congo est déplorable et profondément préoccupante.


Depuis les années 90, la fonction s'est dégradée. D'où les grèves à répétition pour réclamer l'intégration dans la Fonction publique et le paiement d'arriérés de salaires. Ces questions sont devenues récurrentes. Le pays a connu une décennie de boom pétrolier. Et pourtant, la gestion des ressources humaines dans le secteur de l'enseignement pose toujours problème, en raison de l'insuffisance des budgets.
C'est un problème politique. Les dirigeants congolais ont toujours consacré des budgets misérables à l'enseignement. Ajouter à cela les détournements de fonds, vous pouvez comprendre la détresse des enseignants.


Pourtant, l’éducation s'inscrit parmi les droits fondamentaux de l'homme. Le droit à un enseignement gratuit et obligatoire et à un accès équitable et inclusif à l’éducation pour tous les enfants fait obligation aux États à consacrer des budgets importants au secteur de l'Éducation.


Au Congo-Brazzaville, on finance volontiers les grands travaux où la corruption s'est développée au point de mettre à mal les finances publiques. Le Ministre Itoua s'est arrangé à éviter de parler des grèves qui affectent le secteur de l'Éducation au Congo. Cette attitude qui traduit une fuite en avant ne peut pas permettre à notre pays de se tirer d'affaires, avec la situation critique qu'il traverse. Un Gouvernement, c'est fait pour régler les problèmes du peuple. Gouverner, c'est prévoir, dit-on aussi. Que prévoit-on pour en finir avec ces grèves?


Vraiment, lorsque qu'un Gouvernement se met à éviter les problèmes du peuple, c'est que probablement le pire est encore devant nous. C'est dommage!

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