CEMAC: Le Congo et la Guinée Équatoriale priés de signer avec le FMI

Afrique
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L'économie de la CEMAC (Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale) donne des signaux de reprise, après la grande récession due à la chute des prix des matières premières, notamment le pétrole, entre 2014 et 2017. Réunis à N'Djamena, la capitale tchadienne, pour un sommet extraordinaire, jeudi 25 octobre 2018, les Chefs d'État des six pays de la CEMAC (Paul Biya et Touadera se sont fait représentés) ont suivi, avec assurance, la présentation de la situation économique de la sous-région:

"Après une année 2016 difficile sur le plan économique, l’année 2017 et le début de l’année 2018 ont été marqués par un léger regain de l’activité économique dans les pays de la CEMAC. Boostés par l’accélération de la croissance économique mondiale, les cours des principaux produits de base, notamment l’or noir, se sont relevés, affectant positivement les performances économiques des pays de la CEMAC. Ainsi, la croissance devrait atteindre 1,7 % en 2018, après 0,2 % en 2017, et -0,1 % en 2016".

On peut donc constater que la menace de la dévaluation du Franc CFA CEMAC s'est un peu éloignée. Mais, il faut que les Gouvernements poursuivent leurs efforts de redressement économique de leurs pays. D'où l'impérieuse nécessité de l'accompagnement du FMI (Fonds monétaire international):

"La situation économique et financière de la CEMAC est aujourd’hui en voie de stabilisation. Dans ce contexte, la BEAC a joué un rôle capital dans les négociations et la conclusion des programmes des Etats avec le FMI, notamment en accordant des assurances en termes de maintien de la stabilité externe de la monnaie. Elle est, en outre, intervenue auprès: 1- des autres bailleurs de fonds pour veiller au respect des décaissements des appuis budgétaires aux Etats membres de la Sous-région, conformément aux échéanciers arrêtés;
2- et des créanciers des Etats pour favoriser la restructuration de leurs dettes pour les rendre compatibles avec les prescriptions des programmes économiques et financiers conclus avec le FMI".

En réalité, sur les 6 pays membres de la CEMAC, 4 sont en programme avec le FMI (Cameroun, Centrafrique, Gabon et Tchad). Deux autres traînent encore les pieds, depuis que la décision avait été prise à Yaoundé (Cameroun), lors d'un sommet extraordinaire de la CEMAC en décembre 2016. Il s'agit du Congo et de la Guinée Équatoriale, deux grands exportateurs de l'or noir. Ces deux économies pèsent lourd dans la sous-région. A cause de leurs contre-performances économiques, le Franc CFA CEMAC court le risque d'être dévalué un jour. D'où l'invite qui leur est faite de conclure rapidement avec le FMI.

"Pour une pleine efficacité de la stratégie communautaire et solidaire de sortie de crise, il est important d’aboutir à une conclusion des programmes du Congo et de la Guinée Equatoriale avec le FMI, afin de disposer d’un socle solide de rétablissement rapide de la stabilité macroéconomique et de l’amélioration de l’environnement économique dans la zone".
Il faut espérer que le Gouvernement congolais a pris la pleine mesure de ses responsabilités face à la situation économique de la sous-région.

Par ailleurs, dans le souci de consolider ses réserves de change, la CEMAC a pris la décision de faire respecter le principe du rapatriement rapide des recettes d'exportation.
"En matière de gestion des réserves de change, les mesures d’application stricte des dispositions de la réglementation de changes, en particulier celles relatives au suivi du rapatriement des recettes d’exportations ont commencé à porter leurs fruits. En effet, les réserves de change de la BEAC ont progressé de 7,11% pour s’établir à 3.312 milliards de FCFA (5,0 milliards EUR) au 31 août 2018, contre 3.092 milliards de FCFA (4,7 milliards EUR) à fin août 2017. En conséquence, le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait s’améliorer, en remontant à 59,7% à fin décembre 2018, contre 57,5 % un an plus tôt".

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