Justice. Trois hauts cadres dont un proche du Ministre Emile Ouosso placés en détention à la Maison d'arrêt

Emile OUOSSO - Image DR

Afrique
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Depuis le lundi 5 novembre 2018, trois hauts cadres dont un proche d'Émile Ouosso, actuel Ministre de l'équipement et des travaux publics, sont placés en détention provisoire à la Maison d'arrêt de Brazzaville. Il s'agit de Bertrand Kanga Bokassa (ancien directeur financier de la CRF), Bruno Nianga et Frédéric Maniéké. Connu par son sobriquet, Manienz, ce dernier est le directeur de cabinet d'Emile Ouosso.

Réputé pour sa probité morale, Manienz se retrouve derrière les barreaux, paie-t-il pour son chef? C'est la question que ceux qui le connaissent se posent. L'information de leur arrestation n'est évidemment pas donnée de manière officielle, comme d'habitude d'ailleurs dans ce genre d'événement où la Justice ne communique pas.


Il apparaît qu'il est reproché aux trois prévenus, un détournement de fonds publics. L'on pense qu'il s'agit de l'affaire de disparition d'un montant de 9 milliards de francs CFA lié au paiement de deux mois de pensions (novembre et décembre 2016) des retraités de la CRF (Caisse de retraite des fonctionnaires).


En effet, quand il fut Ministre du travail et de la sécurité sociale (2016-2017), Emile Ouosso a été secoué par cette affaire de disparition de fonds, à la suite d'un transfert du trésor public à la CRF. Emile Ouosso a toujours nié cette affaire de disparition de 9 milliards dont il est accusé, en rejetant la responsabilité sur l'ancien directeur de la CRF, le Colonel Ottina qui, lui, n'est pas inquiété.

Voici un extrait de sa déclaration : "Pour l’année 2017, du fait de la baisse de la subvention du trésor, la CRF n’a pas disposé de moyens pour faire face aux arriérés de novembre et décembre 2016, tout comme quelques uns de 2017. En tout état de cause, les ordonnateurs de la CRF d’hier ou d’aujourd’hui, les banquiers de la CRF sont à Brazzaville et pourront fournir plus d’informations pour clarier et mieux élucider la situation avant de mettre un  terme à cette vaste campagne d’instrumentalisation des pauvres pensionnés de la CRF. Et aux auteurs de ce complot de comprendre que les documents comptables aussi bien de la CRF, de ses banquiers que du Trésor public traduisent la situation réelle des comptes de la CRF, quiconque veut peut s’en référer.
- Pourquoi on ne s’adresse jamais aux vrais coupables possibles? La CRF jouit d’une autonomie de gestion administrative et nancière. Le Directeur général est l’ordonateur principal de sa gestion devant le Ministre de tutelle (Décret 87/447/ du 19-08-87).
Alors si les pensions de Novembre et Décembre 2016 n’avaient pas été payées, deux cadres doivent répondre et expliquer: le Directeur général (Ottina) et le Directeur financier de l’époque; et ils sont connus. Pourquoi le Ministre, responsable selon la loi du suivi est transformé en coupable à la place des anciens vrais gestionnaires de l’argent des pensions en 2016, à savoir le Colonel Ottina et M. Bokassa?"

Les retraités de la CRF, qui vivent un vrai calvaire dû à l'incurie des cadres placés aux grands postes de responsabilité, attendent que la Justice jette toute la lumière sur cette affaire et que les coupables soient dénichés et punis. Mais, la Justice congolaise, elle-même gangrenée par les antivaleurs, est-elle capable de tirer cette affaire au clair et établir les responsabilités ? Beaucoup en doutent. Voyons voir!

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