Retour au calme à Gam-city, après un mort et deux blessés par balles

Afrique
Typography
  • Smaller Small Medium Big Bigger
  • Default Helvetica Segoe Georgia Times

La communauté urbaine de Gamboma, dans le Département des Plateaux, au Nord de Brazzaville, a passé une journée chaude, le samedi 22 décembre 2018. Des incidents sanglants ont opposé les gendarmes aux élèves du CEG de Gamboma, à la suite du décès d'un élève dans la cellule de garde-à-vue de la Gendarmerie.
Vive tension, échauffourées, barricades, tirs à balles réelles des gendarmes... La journée était chaude, comme une scène de guerre, le samedi 22 decembre à Gamboma. Le calme est revenu en fin de journée et place aux responsabilités.

Selon des temoins, c'est la découverte du corps d'un collégien retrouvé mort dans une cellule de la gendarmerie qui a provoqué la colère des élèves. Le collégien de 18 ans était interpellé vendredi avec un groupe d'amis, à la suite d'une bagarre qui s'est déroulée au sein du collège d'enseignement général de Gamboma. "Ce matin (du samedi) on l'a retrouvé mort dans la cellule de la gendarmerie. On ignore ce qu'il a subi et qui serait à l'origine de sa mort", a déclaré à l'AFP (Agence France Presse) Félicien Ondzia, maire de Gamboma, une ville d'environ 15.000 habitants. Pour les élèves, leur collègue a été victime des coups des gendarmes qui l'ont frappé dans la cellule.


"Pris de colère, les élèves, appuyés par une foule qui avait l'intention de récupérer la situation, ont incendié les bureaux du directeur de l'école" de la victime qui préparait son brevet d'études du premier cycle (BEPC), a-t-il ajouté. Les gendarmes ont, dans un premier temps, déposé le corps de l'élève à l'hôpital de Gamboma qui ne dispose pas de morgue, selon des témoins. "Les élèves ont ramené le cadavre dans les locaux de la gendarmerie qui les a dispersés, en tirant en l'air et en larguant des bombes lacrymogènes", a expliqué Séverin Etsalo un témoin, joint par l'AFP.


"Les parents ont catégoriquement refusé de récupérer le corps de leur enfant afin d'organiser les funérailles", a-t-il ajouté.
La mort du collégien de Gamboma intervient alors que la justice congolaise juge depuis fin octobre six policiers inculpés pour homicide involontaire et non assistance à personne en danger dans l'affaire des treize jeunes retrouvés morts dans un commissariat de Brazzaville dans la nuit du 22 au 23 juillet dernier.


Le calme est revenu en fin de journée à Gamboma où l'on a enregistré deux blessés par balles à la suite de ces incidents. Il y a lieu de déplorer l'usage de la violence et de la torture dans les cellules de garde-à-vue de la Force publique, et également l'usage des balles réelles pour réprimer les manifestations troublant l'ordre public. Reste à savoir si une enquête sera ouverte pour déterminer les responsabilités dans ces incidents.