Le « Buakia ku Mayombe », 34 ans après.

Afrique
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Le « Buakia ku Mayombe » veut dire le soleil s’est levé dans le Mayombe dans l’ethnie yombé en République du Congo. Ce concept incarnait un modèle de cohésion sociale. Son but était de jeter les bases d’un développement communautaire du peuple yombé. Mais de nos jours c’est un triste constat, en 34 ans le « Buakia ku Mayombe » n’a pas décollé, c’est devenu un symbole des espoirs perdu.

En effet, ce concept « Buakia ku Mayombe » apparaît pour la première fois, le 14 juillet 1985 à la Cathédrale Saint Pierre Apôtre. Ce jour-là, les catholiques sont venus de tous les coins du diocèse de Pointe noire, assister aux ordinations sacerdotales de trois prêtes. Et parmi les nouveaux prêtes, il y avait un fils du Mayombe, l’abbé Eustache NDOUNGUI. Ce jour-là, le Mayombe avait donné le top. Ils ont chanté et dansé au rythme de la victoire. Le « Buakia ku Mayombe » était l’expression de la libération d’un peuple. Le Mayombe a désormais un prête, il peut commencer à écrire son histoire. L’histoire liée à la colonisation, à l’église et les premiers baptisés et enfin à la construction du chemin de fer qui passe par là. Le Mayombe veut aussi devenir le carrefour de la culture des ressortissants de : MPounga, Bilala, Mvouti, Les saras…etc. La date du 14 juillet 1985 marquait alors le lancement d’un projet de grande envergure. Les cadres et autres ressortissants du Mayombe étaient unanimes à dire que le moment était venu pour parler enfin de :

  • L’affirmation des yombé dans le processus de développement rural
  • L’émancipation des yombé dans l’éducation et le travail

Bref, l’ordination de l’abbé Eustache NDOUNGUI a fait rêver, elle a favorisé une piste de réflexion sur la relation entre les yombé et l’église du Mayombe. Dans cette région forestière, il y a des bâtisses et autres monuments à faire découvrir au monde. Il faut donc avancer et ne pas perdre du temps disaient-ils ce jour-là. Bilan : en 34 ans, le « Buakia ku Mayombe » était plus un rêve d’enfant, loin d’être une réalité concrète. Est-ce un manque de volanté politique ou simplement la mauvaise foi des cadres du Mayombe ?

Le « Buakia ku Mayombe », un projet culturel et pédagogique


Notre démarche consiste à rédiger un nouveau projet à la fois culturel et pédagogique en partant des éléments qui fondent le « Buakia ku Mayombe » dans sa version originale. Il s’agit notamment d’asseoir un travail en interdisciplinarité qui regroupe : Historiens, sociologues, théologiens, enseignants, chercheurs, guides touristiques, documentalistes…etc. Ces acteurs vont mener des recherches Sur les traces du premier missionnaire, père fondateur de l’église du Mayombe. A savoir : quand et comment a-t-il pénétré ce pays forestier. Quel chemin a-t-il suivi, dans quel village a-t-il célébré sa première messe. Qui étaient les premiers baptisés, quels sont les points et autres signes qui marquent son passage, quand est-il mort, où fut il enterré. Dans ce travail, la cartographie est indispensable et les itinéraires doivent être précis. Le périmètre de cette étude se limite entre le Mayombe Nord et le Mayombe sud. L’objectif est d’implanter un circuit spirituel et touristique dans le Mayombe afin d’organiser un pèlerinage annuel.

Ce type de projet existe déjà dans la Moselle, en France


Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, l’apôtre de Jésus Christ. Cette année, les élèves de la providence de Bouzonville, dans la Moselle ont vécu l’expérience du pèlerinage en empruntant une partie de la route qui mène à saint jacques de Compostelle. Cette route va de l’Allemagne jusqu’à Compostelle en Espagne en passant par la Moselle en France. Sur cette route se trouve le couvent des sœurs de la providence de Peltre à Metz. Un lieux à la fois historique et symbolique car c’est là où est enterré le fondateur de la congrégation qui est à l’origine des écoles de la providence. A travers cette démarche, les élèves sont retournés aux sources de la spiritualité de leur école. De la même manière, la route de la foi à travers le pays du Mayombe permettrait aux pèlerins de redécouvrir les sources de leur église locale. Le projet étant définit, nous sollicitons le concours des responsables du diocèse de Pointe Noire et bien des cadres du domaine de la gestion de projet dans le but de réfléchir sur la faisabilité de cette étude. Nous souhaitons également voir les résultats de cette étude être vulgarisés au niveau des laboratoires de recherche et dans les institutions de promotion de la culture.

Guy MABOUNDA