L'économie de la CEMAC (Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale) donne des signaux de reprise, après la grande récession due à la chute des prix des matières premières, notamment le pétrole, entre 2014 et 2017. Réunis à N'Djamena, la capitale tchadienne, pour un sommet extraordinaire, jeudi 25 octobre 2018, les Chefs d'État des six pays de la CEMAC (Paul Biya et Touadera se sont fait représentés) ont suivi, avec assurance, la présentation de la situation économique de la sous-région:

"Après une année 2016 difficile sur le plan économique, l’année 2017 et le début de l’année 2018 ont été marqués par un léger regain de l’activité économique dans les pays de la CEMAC. Boostés par l’accélération de la croissance économique mondiale, les cours des principaux produits de base, notamment l’or noir, se sont relevés, affectant positivement les performances économiques des pays de la CEMAC. Ainsi, la croissance devrait atteindre 1,7 % en 2018, après 0,2 % en 2017, et -0,1 % en 2016".

On peut donc constater que la menace de la dévaluation du Franc CFA CEMAC s'est un peu éloignée. Mais, il faut que les Gouvernements poursuivent leurs efforts de redressement économique de leurs pays. D'où l'impérieuse nécessité de l'accompagnement du FMI (Fonds monétaire international):

"La situation économique et financière de la CEMAC est aujourd’hui en voie de stabilisation. Dans ce contexte, la BEAC a joué un rôle capital dans les négociations et la conclusion des programmes des Etats avec le FMI, notamment en accordant des assurances en termes de maintien de la stabilité externe de la monnaie. Elle est, en outre, intervenue auprès: 1- des autres bailleurs de fonds pour veiller au respect des décaissements des appuis budgétaires aux Etats membres de la Sous-région, conformément aux échéanciers arrêtés;
2- et des créanciers des Etats pour favoriser la restructuration de leurs dettes pour les rendre compatibles avec les prescriptions des programmes économiques et financiers conclus avec le FMI".

En réalité, sur les 6 pays membres de la CEMAC, 4 sont en programme avec le FMI (Cameroun, Centrafrique, Gabon et Tchad). Deux autres traînent encore les pieds, depuis que la décision avait été prise à Yaoundé (Cameroun), lors d'un sommet extraordinaire de la CEMAC en décembre 2016. Il s'agit du Congo et de la Guinée Équatoriale, deux grands exportateurs de l'or noir. Ces deux économies pèsent lourd dans la sous-région. A cause de leurs contre-performances économiques, le Franc CFA CEMAC court le risque d'être dévalué un jour. D'où l'invite qui leur est faite de conclure rapidement avec le FMI.

"Pour une pleine efficacité de la stratégie communautaire et solidaire de sortie de crise, il est important d’aboutir à une conclusion des programmes du Congo et de la Guinée Equatoriale avec le FMI, afin de disposer d’un socle solide de rétablissement rapide de la stabilité macroéconomique et de l’amélioration de l’environnement économique dans la zone".
Il faut espérer que le Gouvernement congolais a pris la pleine mesure de ses responsabilités face à la situation économique de la sous-région.

Par ailleurs, dans le souci de consolider ses réserves de change, la CEMAC a pris la décision de faire respecter le principe du rapatriement rapide des recettes d'exportation.
"En matière de gestion des réserves de change, les mesures d’application stricte des dispositions de la réglementation de changes, en particulier celles relatives au suivi du rapatriement des recettes d’exportations ont commencé à porter leurs fruits. En effet, les réserves de change de la BEAC ont progressé de 7,11% pour s’établir à 3.312 milliards de FCFA (5,0 milliards EUR) au 31 août 2018, contre 3.092 milliards de FCFA (4,7 milliards EUR) à fin août 2017. En conséquence, le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait s’améliorer, en remontant à 59,7% à fin décembre 2018, contre 57,5 % un an plus tôt".

Marche improvisée des élèves de Nganga Edouard ce 24/10/2018 - Image DR

Ce sont des scènes à peine croyables auxquelles les populations de Brazzaville ont assisté dans la journée du 24 octobre. Mme Destinée Doukaga, ministre de la jeunesse et de l'éducation civique a initié dans la matinée sa caravane de sensibilisation des jeunes aux antivaleurs. Celle-ci a commencé au lycée du 1er mai avant de se terminer brutalement au CEG Nganga Edouard.

 

"Ministre Ndoki" (ministre sorcière)

La caravane de Destinée Doukaga avait mal commencé à en croire Les Dépêches de Brazzaville, quotidien proche du pouvoir. "Au lycée technique commercial 1er-mai où elle (Mme Destinée Doukaga ndlr) est passée plus tôt, des désagréments ont été constatés parmi quelques élèves qui ont invoqué des maux de tête et un rougissement d’yeux". Ce phénomène encore inexpliqué va connaître une tournure dramatique lorsque la ministre est arrivée au Collège Nganga Edouard. Selon les témoignages concordants, c'est après le départ de la délégation ministérielle que les premiers cas de syncopes ont été constatés. "Dès que la ministre est partie, des élèves tombaient comme des mouches, et c'était la panique générale" explique un témoin à Ziana TV. "Plusieurs élèves, en majorité des filles sont tombées, d'autres étaient en transe, on ne comprenait pas. Les pompiers sont venus les chercher et nous avons emmener d'autres élèves à pieds au CHU (qui est à proximité du collège)" ajoute-t-il. Dans la foulée, des élèves ont improvisé une marche avec une pancarte sur laquelle on pouvait lire "ministre Ndoki" en lingala qui signifie (ministre sorcière).

En milieu d'après-midi le directeur du CHU a fait un point sur la situation. "42 élèves ont été reçus, nous les avons installé dans le service des maladies infectieuses, c'est là où nous avions de la place. Ils ont tous été traités. Nous ne déplorons pas de morts, ni au Collège, ni ici à l'hôpital. Une bonne partie de ces enfants a rejoint leurs familles" a t-il expliqué à Gildas Mayela de Télé Congo.

 

Pratiques occultes et franc maçonnerie

Alors que le corps médical n'a toujours pas posé un diagnostic sur l'origine de ces crises constatées à Nganga Edouard, les spéculations vont bon train dans les rues de Brazzaville et sur les réseaux sociaux. Si les parents des victimes n'ont pas osés s'exprimer, d'autres citoyens ne se privent pas de penser que ces crises sont dues à des pratiques occultes de la part du pouvoir. "Destinée Doukaga qui s'est fait appelée "Petit Sassou" est en fait une grande sorcière. Elle a agit comme son maître" tranche un habitué des arcanes du pouvoir. Les réseaux sociaux se sont aussi saisis de cette affaire "sans explications rationnelles".  "Doukaga est jeune certes mais une jeunesse donnée en sacrifice. Ce qui revient à dire qu'elle passerait plutôt pour un faire part qu'une vraie commanditaire de la saloperie du CEG Nganga Édouard. L'affaire est systémique. Après donc les enfants de Moukondo, les disparus du Beach, les explosés de Mpila, les massacrés de Chacona voici les sacrifiés de Nganga Édouard. Mais fin de fin, nous sommes inéluctablement de vivre les derniers soubresauts d'un régime éminemment mortifère qui se crève nécessairement," écrit Dieudonné NGoma .

Pour sa part, le ministère de l'enseignement secondaire a publié dans la soirée un communiqué dans lequel il parle d'une "hystérie collective" qui a gagné certains "apprenants" de Nganga Edouard. M. Mbou Maba, directeur de cabinet du ministre de l'enseignement a expliqué au JT de Télécongo que les élèves ont fait une crise d'hypoglycémie 'n'ayant pas mangé de la journée"

Image d'illustration -

Cynisme, mépris, indifférence, ignorance ou fuite en avant? En tout cas, dans son message sur la journée mondiale des enseignants célébrée le 5 octobre 2018, Bruno Jean-Richard Itoua, Ministre de l'enseignement supérieur, n'a pas osé évoquer la grève des enseignants aussi bien au niveau de l'enseignement supérieur où l'Université Marien Ngouabi demeure paralysée par ce mouvement social qu'au niveau de l'enseignement primaire et secondaire où la grève de 21 jours des enseignants perturbe sérieusement les cours. La cause de ces grèves est principalement le paiement d'arriérés de salaires.


Le Ministre Bruno Jean-Richard Itoua a préféré parler des conditions de travail des enseignants et des apprenants que le Gouvernement améliore à travers ses politiques de construction des infrastructures de base. Pour lui, la préoccupation du Gouvernement porte aujourd'hui sur le déficit en enseignants et la qualité de leur formation.


Au Congo-Brazzaville, la journée mondiale des enseignants, qui marque, cette année, le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), est tombée dans un contexte de grève des enseignants. Autant dire que la condition de l'enseignant dans le secteur public au Congo est déplorable et profondément préoccupante.


Depuis les années 90, la fonction s'est dégradée. D'où les grèves à répétition pour réclamer l'intégration dans la Fonction publique et le paiement d'arriérés de salaires. Ces questions sont devenues récurrentes. Le pays a connu une décennie de boom pétrolier. Et pourtant, la gestion des ressources humaines dans le secteur de l'enseignement pose toujours problème, en raison de l'insuffisance des budgets.
C'est un problème politique. Les dirigeants congolais ont toujours consacré des budgets misérables à l'enseignement. Ajouter à cela les détournements de fonds, vous pouvez comprendre la détresse des enseignants.


Pourtant, l’éducation s'inscrit parmi les droits fondamentaux de l'homme. Le droit à un enseignement gratuit et obligatoire et à un accès équitable et inclusif à l’éducation pour tous les enfants fait obligation aux États à consacrer des budgets importants au secteur de l'Éducation.


Au Congo-Brazzaville, on finance volontiers les grands travaux où la corruption s'est développée au point de mettre à mal les finances publiques. Le Ministre Itoua s'est arrangé à éviter de parler des grèves qui affectent le secteur de l'Éducation au Congo. Cette attitude qui traduit une fuite en avant ne peut pas permettre à notre pays de se tirer d'affaires, avec la situation critique qu'il traverse. Un Gouvernement, c'est fait pour régler les problèmes du peuple. Gouverner, c'est prévoir, dit-on aussi. Que prévoit-on pour en finir avec ces grèves?


Vraiment, lorsque qu'un Gouvernement se met à éviter les problèmes du peuple, c'est que probablement le pire est encore devant nous. C'est dommage!

L'information est quasiment passée inaperçue dans les réseaux sociaux et dans la presse congolaise en ligne. Le site internet de l'aéroport international Maya-Maya a fait l'objet ce lundi 27 août 2018 d'une attaque DoS (Denial of Service / Dénie de service*) de la part de l'Unité Cyber Califat, la branche cyber terroriste du groupe Etat Islamique.

L'attaque contre le site de l'aéroport Maya-Maya a été rendue publique en début de soirée dans un tweet par Jasmine Opperman experte du Terrorisme et membre de Terrorism Research and Analysis Consortium (TRAC).  "L'Unité Cyber Califat (État islamique): a attaqué par Dénie de Service (DoS) le site  internet de l'aéroport International Maya – Maya de Brazzaville, en République du Congo- ce 27 août 2018 (traduction de la rédaction).

Site à nouveau fonctionnel

En milieu de soirée, nous constations que le site internet de Maya-Maya était de nouveau fonctionnel. EGIS, le gestionnaire des aéroports internationaux du Congo (Brazzaville, Pointe-Noire et Ollombo) propriétaire du site internet a mis tous les moyens pour récupérer son portail. On peut désormais accéder à toutes les informations sur les vols nationaux et internationaux. Mais les traces de l'attaque sont encore visibles dans le moteur de recherche Google (Image en bas).

Notons que ni EGIS ni le gouvernement congolais toujours prompt a dénoncé les actes terroristes n'ont communiqué sur cette attaque.

----------

* Le déni de service (ou DoS : Denial of Service) est une attaque qui vise à rendre une application informatique incapable de répondre aux requêtes de ses utilisateurs. 

Qu'est-ce qui a donc piqué le Gouvernement, pour penser que les Congolais vont avaler sa farce de punir les fonctionnaires qui fuient le travail, en citant leurs noms en conseil des ministres?
Alors qu'on attend de lui de lutter contre la corruption dans les hautes sphères de l'État, il veut nous convaincre avec la lutte contre l'absentéisme au travail. Quel enfantillage!


En août 2009, le Président Sassou inaugurait son second septennat à la tête du pays, par la lutte contre la corruption dans les hautes sphères de l'État, en ces termes: «Je ne surprends personne en affirmant qu'en dépit de nos efforts multiformes, notre pays n'est pas encore, hélas, exempt de corruption, de concussion, de fraude, de détournement de deniers publics et d'autres actes tout autant répréhensibles que néfastes à l'accomplissement du bonheur collectif.


Ici, ce sont les gouvernants qui sont interpellés. Qu'il soit clair pour tous que le peuple ne veut pas et ne doit pas être conduit sur le «Chemin d'avenir» par des dirigeants sans scrupule ni vertu. De même que le peuple ne veut plus et ne doit plus être mené par des hommes qui ne donnent pas le meilleur d'eux-mêmes pour le servir.


Parmi les premières attentes de notre peuple, il y a l'espoir que s'arrête rapidement la dérive morale qui est en train de gangrener notre société. Je veillerai donc avec davantage de rigueur à ce que les personnes que je nomme aux différentes fonctions d'État soient exemplaires et de bonne éthique, capables de faire respecter, au nom de l'autorité impartiale de l'État qu'elles incarnent, les lois et les règlements de notre pays. Tout manquement, toute faiblesse m'amènera à en tirer les conséquences. Telles sont aussi les exigences du «Chemin d'avenir».


Malheureusement, le Président n'a pas rigoureusement veillé sur les personnes qu'il a nommées dans les hautes sphères de l'État. Entre 2009 et 2016, certaines de ces personnalités se sont enrichies par la pratique de surfacturation et de double facturation des marchés publics. D'autres ont carrément fait main basse sur les budgets des structures qui étaient sous leur tutelle. D'autres encore ont eu des marchés publics et n'ont jamais réalisé les travaux pourtant payés.


Jamais leurs noms n'ont été cités en conseil des ministres. C'est seulement dans les pays étrangers où elles ont acquis des patrimoines immobiliers impressionnants et où ils ont planqué l'argent dilapidé au Congo que leurs noms apparaissent.
Conséquence: le Gouvernement n'a jamais réussi à donner un contenu convainquant à la lutte contre corruption dans les hautes sphères de l'État. Pourtant, des enquêtes ont été lancées. Mais, les Congolais ont le sentiment que les grands délinquants à col blanc qui siphonnent les finances publiques jouissent, de par leurs positions, d'immunité de fait qui les rendent intouchables et les encouragent dans des comportements répréhensibles.


A la place, le Gouvernement veut faire croire aux Congolais aujourd'hui que ce sont les fonctionnaires qui désertent leurs postes de travail qui constituent une grande menace à la relance économique du pays. Lutter contre l'absentéisme au travail est tout à fait normal. Le Ministre Jean-Jacques Bouya peut même partager son expérience de jetons de présence à ses collègues, pour lutter efficacement contre l'absentéisme au travail.


A l'heure de l'informatique et de la biométrie, la question ne se pose même plus. Il suffit d'investir pour installer ce mécanisme dans chaque département ministériel.
Mais, avec la crise économique qui sévit dans le pays, en faire une affaire traitée en conseil des ministres étonne. Il est vrai que le ridicule ne tue pas. Autrement, le Gouvernement aurait mieux fait de dire au peuple ce qu'il envisage pour mettre un terme aux grèves qui paralysent l'Université Marien Ngouabi, le CNTS (Centre national de transfusion sanguine), etc, afin de soulager les Congolais, au lieu de les passer sous silence.


On ne le dira jamais assez qu'un Gouvernement, c'est fait pour régler les problèmes du peuple. Mais, lorsque le peuple commence à s'interroger sur l'efficacité de l'action de son Gouvernement, on finit par comprendre que le problème, c'est le Gouvernement. Car, c'est dans les hautes sphères de l'État qu'il faut arrêter la dérive morale qui empoisonne la société congolaise. Remettre les fonctionnaires au travail ne demande pas grand chose, dès lors que les conditions sont créées. La crise économique dont le pays a du mal à se relever est de beaucoup dans ce phénomène d'absentéisme au travail. Tout le monde le sait.

Ecoliers congolais en classe. - Image d'illustration - DR

Le Congo-Brazzaville a connu une période de boom pétrolier entre 2004 et 2014. Pendant cette décennie, les budgets annuels de l'État étaient excédentaires. Parmi les décisions à caractère économique prise durant cette période, on peut retenir la municipalisation accélérée des départements, l'ouverture d'un compte à la banque centrale pour les générations futures et la politique de construction de grandes infrastructures de base à travers le pays.


Année après année entre 2004 et 2016, les programmes départementaux de municipalisation accélérée ont transformé l'arrière-pays. Les chefs-lieux de département ont particulièrement connu une certaine urbanisation, avec l'éclairage public, des voiries goudronnées, etc, comme jamais cela n'avait été le cas depuis l'indépendance du pays.


Le programme de construction de grandes infrastructures de base a permis de désenclaver l'arrière-pays. La route Brazzaville/Pointe-Noire, les lignes électriques THT entre Pointe-Noire/Brazzaville et Ouesso, les deux barrages hydroélectriques d'Imboulou et de Liouesso, la Centrale électrique du Congo à Pointe-Noire comptant parmi les fleurons de cette politique de construction des grandes infrastructures de base.


Seulement, ce qui a posé problème, c'est le manque de vigilance dans la gestion publique, pendant cette période rendue faste grâce aux recettes pétrolières garanties par les contrats de partage de production négociés à son époque par le Président Pascal Lissouba.
La gangrène de la corruption s'est facilement installée dans la gestion publique, faisant d'une poignée de hauts fonctionnaires, d'élus, de conseillers, de ministres etc, autour du Président de la République, les nouveaux riches du pays.
Malgré les scandales révélés par les ONGs internationales sur la corruption qui entache la vente du pétrole congolais, le pouvoir n'a rien voulu savoir. L'affaire des biens mal acquis en France a été considérée comme une attaque de nature à nuire aux autorités congolaises.


Chemin faisant, les anti-valeurs étaient devenues comme un sport national auquel se livraient la plupart des autorités publiques à tous les niveaux, au point d'inquiéter le Chef de l'État lui-même. Celui-ci a tiré pour la première fois la sonnette d'alarme dans son discours d'investiture en août 2009, à l'occasion de son second septennat. Aucune mesure concrète de nature à éradiquer les maux décriés ne suivra, malheureusement. Autant dire que la fête a continué, allègrement.


Le Ministère en charge des grands travaux, la SNPC et le Ministère des finances seront visiblement les trois structures qui vont nouer le destin funeste du Congo, lorsque les prix du pétrole se sont effondrés à partir du second semestre de 2014.
C'est un secret de Polichinelle que le Ministère en charge des grands travaux a pratiqué une politique de surfacturation des marchés publics donnant lieu à des rétro-commissions qui ont enrichi sa caste dirigeante. Non seulement la surfacturation a appauvri l'État, mais elle a aggravé son endettement. Tout marché public au-delà d'un milliard de Francs CFA est géré par les grands travaux, structure qui n'a jamais subi un seul audit de ses pratiques et de sa gestion. Ce même esprit d'opacité a entouré l'accord de partenariat stratégique signé avec la Chine. On peut imaginer le reste: le Congo se retrouve avec une dette colossale que ses dirigeants ont dissimulé en partie au FMI, qui a fini par tout découvrir.


La SNPC est la deuxième structure qui a ruiné les ressources financières du pays, à cause de ses pratiques de corruption. Ses dirigeants avaient instauré le système de vendre le brut congolais à bas prix (par rapport aux prix du marché) à des sociétés qui leur appartiennent et celles-ci écoulaient ensuite ce brut aux prix du marché, empochant de gros bénéfices au passage. En réalité, c'est l'argent du Congo planqué dans des paradis fiscaux.


L'autre pratique de la SNPC a consisté à monter de grands projets d'investissement, pour rechercher des emprunts gagés sur le pétrole. Cette pratique est au cœur de la crise que nous subissons, car, malgré la remontée des prix du pétrole, le Congo-Brazzaville est condamné à rembourser d'abord ses dettes gagées sur le pétrole et pour l'instant, la remontée des prix du pétrole n'a pas d'impact dans les recettes de l'État. Malgré l'éviction de son directoire, la SNPC a toujours refusé l'audit de sa gestion passée. Et pourtant, à l'heure de la lutte contre la corruption, il faut bien établir les responsabilités.


Enfin, le Ministère des finances a manqué à son devoir de contrôler les marchés publics, laissant les finances publiques être obérées par la surfacturation pratiquée par les grands travaux. Sa responsabilité est aussi établie dans les dettes gagées sur le pétrole, en les avalisant, et dans l'utilisation, sans autorisation du Parlement, des fonds des générations futures.
Par ailleurs, le Ministère des finances a coopéré étroitement aux marchés publics confiés à la société brésilienne Asperbras-Congo (Zone industrielle de Maloukou, Projet eau pour tous, construction de 12 hôpitaux départementaux, projet de cartographie minière du Congo) qui ont été surfacturés, pour garantir des rétro-commissions aux autorités congolaises.
Voilà qui explique la dette publique congolaise à 117% du PIB. C'est là où le bas blesse dans la crise économique que traverse le Congo, avec des conséquences sociales dramatiques comme la grève dans les structures publiques de santé et dans le monde de l'éducation.


Lundi 1er octobre 2018, les enfants ont renoué avec le chemin de l'école, alors que l'État n'a pas pu assurer le salaire de septembre à ses fonctionnaires qui attendent de le toucher peut-être cette semaine.
La lutte contre la corruption au Congo sera vaine, si jamais les trois structures (Grands travaux, SNPC et Ministère des finances) ne subissent des audits sur leur gestion passée, pour en tirer les leçons qui s'imposent, afin que dans l'avenir, le pays ne soit plus victime de pratiques de gestion corrosives, qui ruinent ses finances.

Le sénateur Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, le 02/08/2018 après le dépôt de sa candidature à la présidentielle 2018. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

La candidature de Jean-Pierre Bemba Gombo à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018 en RDC a été déclarée irrecevable, selon la liste publiée samedi 25 août peu après minuit par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Kinshasa.

La candidature du président du MLC n’a pas été retenue à la suite de sa condamnation a un an de prison et à un paiement de 30 000 euros d’amende par la Cour pénale internationale pour subornation des témoins, a déclaré Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de la CENI qui lisait devant la presse les décisions de la Commission électorale sur la recevabilité et l’irrecevabilité des candidatures à l’élection présidentielle et aux élections législatives nationales.

Les candidatures de Samy Badibanga, ancien Premier ministre, et Marie-Jose Ikofu ont été déclarées irrecevables pour défaut de nationalité d’origine.

La candidature d’Antoine Gizenga du PALU a été déclarée irrecevable pour défaut de qualité de signataire de mandat, son dossier ayant été déposé par délégation par un cadre de son parti. Cadre du PALU suspendu, Adolphe Muzitu a vu sa candidature être également déclarée irrecevable. Celle de Jean-Paul Moka a été déclarée irrecevable pour défaut de paiement.

En tout, les motifs d'irrecevabilité déclarée par la CENI pour six candidatures à la présidentielle à cette étape sont : défaut de nationalité, pas de preuve de paiement, conflit avec son propre parti, défaut des fiches, condamnation par une cour.

Les candidatures reçues

Après délibération, la CENI a déclaré recevables dix-neuf candidatures a l’élection présidentielle du 23 décembre 2018. Il s’agit des candidatures de :

  1. Kikuni Seth (Indépendant)
  2. Kazadi Ngumbe Ngumbe (FPJ)
  3. Ngoy Ilunga wa Nsenga Theodore
  4. Maluta Joseph (Indépendant)
  5. Tshiani Noel (Indépendant)
  6. Mabaya Gizi Amine (ACC)
  7. Kin-kiey Mulumba (Indépendant)
  8. Matungulu Mbuyamu Freddy (SYENCO)
  9. Tshisekedi Tshilombo Felix (UDPS/Tshisekedi)
  10. Shekombe Alain Daniel (Indépendant)
  11. Radjabo Sokorabo
  12. Kamerhe Lwa kanyinginyi Vital (UNC)
  13. Fayulu Madidi (Dynamique de l’Opposition)
  14. Mpunga Mbomba Yves (FP)
  15. Mokia Gabriel (MDCO)
  16. Masheke Sylvain (Indépendant)
  17. Ramazani Shadary Emmnauel (Indépendant)
  18. Luntadila Diavena Charles
  19. Mvemba Francis (Indépendant)

Les personnes dont les candidatures ont été déclarées irrecevables disposent de 48 heures pour contester la décision de la CENI auprès de la Cour constitutionnelle.

(Source Radio Okapi)

Plus d'articles...