Le Congo doit appliquer dès ce mois de janvier, une clause de cessation du statut de réfugié pour les citoyens rwandais ayant fui leur pays entre 1959 et 1994

Plusieurs milliers de réfugiés rwandais pourraient perdre leur statut de réfugié, notamment dans des pays comme l’Ouganda, la Zambie ou le Congo-Brazzaville. A partir du 1er janvier 2018, ces pays pourront appliquer une clause de cessation du statut de réfugié pour les citoyens rwandais ayant fui leur pays entre 1959 et 1994. Une clause demandée depuis des années par Kigali, qui estime qu’il n’y a plus de raison pour leurs ressortissants de vivre à l’étranger. Le processus est soutenu par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui a promis de ne pas abandonner ces réfugiés.
Au Congo-Brazzaville où vivent environ 9 000 Rwandais, ceux-ci s’inquiètent. Selon le docteur Eric Ndayishimiye, le président de cette communauté, la quasi-totalité de ses concitoyens ne font pas confiance au régime en place au Rwanda.

« Il faut dire que les réfugiés rwandais qui sont au Congo-Brazzaville sont des rescapés de plusieurs atrocités, à commencer de 1990 quand le FPR attaque le Rwanda. Ils ont quitté le pays après la prise du pouvoir par le FPR en 1994. Ils ont été massacrés dans les camps de l’est de la RDC. Et j’estime que ce gouvernement qui les a massacrés, qui les a torturés, c’est le même gouvernement aujourd’hui qui n’a décrété aucune loi d’amnistie, qui n’a jamais confessé leurs atrocités, qui n’a jamais favorisé une réconciliation véritable et qui fait que certains citoyens du Rwanda sont des citoyens de seconde classe. Tout cela fait que justement il y ait une fois de plus ce sentiment d’inquiétude. Et lorsqu’on suit l’évolution des droits de l’homme au Rwanda, ça ne rassure pas ».
 

Le chef de l’Etat congolais Denis Sassou-Nguesso s’adressait samedi 30 décembre aux deux chambres du Parlement réunies en congrès. Le président a souhaité que le procès « des personnes en garde à vue prolongée pour atteinte à la sûreté de l'Etat et détention d'armes de guerre » se déroule au premier trimestre 2018. Au nombre de ces détenus figurent deux de ses anciens challengers à la présidentielle mouvementée de 2016 : l’ancien chef d’état-major, le général Jean-Marie Michel Mokoko (détenu depuis mi-juin 2016) et André Okombi Salissa (détenu depuis fin janvier 2017), ancien ministre passé à l’opposition. Une déclaration qui laisse perplexe la défense de ce dernier.

Dans son discours samedi, le président congolais Denis Sassou-Nguesso a affirmé vouloir que les procès des opposants politiques se tiennent au plus vite. « J’émets le vœux que s’ouvre, courant du premier trimestre 2018, le procès des citoyens actuellement en garde à vue prolongée, accusés d’avoir troublé l’ordre public ou porté atteinte à la sureté de l’Etat au terme de scrutins référendaire et présidentiel de 2016 », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur www.rfi.fr

Les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé dimanche des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel des catholiques à manifester contre le maintien du président Joseph Kabila. Ces répressions ont pour l’instant fait au moins huit morts, selon un dernier bilan onusien : sept à Kinshasa et un à Kananga. Plus de cent arrestations ont également été effectuées.

Les autorités congolaises ont sorti l’artillerie lourde – coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers – pour étouffer les «marches pacifiques» des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester. Ces marches ont été organisées un an après la signature sous l’égide des évêques d’un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

En savoir plus sur: www.liberation.fr