"Pays de merde" ou "dirigeants de merde"? La sortie de Trump qui fâche les africains

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La dernière sortie du président américain qualifiant Haïti et les pays africains de "pays de merde" a suscité l'émoi et une kyrielle de réactions sur le continent noir. Même si les chancelleries sont de plus en plus habituées aux déclarations hasardeuses et tapageuses du président "états uniens", la surprise était totale dans les capitales africaines. De Dakar à Kinshasa en passant par Ouagadougou, chacun y  va de son petit commentaire, et déclarations officielles de désapprobation. S'emportant contre l'immigration, jeudi 11 janvier lors d'une réunion en présence de plusieurs sénateurs, Donald Trump a lancé : « Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde  (shitole countries) viennent ici ? ». Dans le viseur de Donald Trump, Haïti, le Salvador et certains pays africains.

Même s'il est désormais bien vu de se positionner contre les sorties de Donald Trump, il faut dire que la réalité sociale, politique, économique des pays africains n'est pas loin de l'image qu'en a donné Trump, de véritables "pays de merde". Prenant la RDC ou le Congo Brazzaville, deux pays, assis sur la moitié des richesses naturelles du continent mais qui peinent depuis plus de 50 ans à ne fournir que de l'eau potable à leur concitoyens alors qu'ils sont au bord du fleuve Congo, le 2e au monde après l'Amazonie. Comment ne pas voir ces deux pays comme des "pays de merde" quand les politiques s'y incrustent au pouvoir, et sabotent les alternances au profit d'intérêts égoïstes? 

On pourrait comme cela continuer à étaler ces réalités sociales, économiques, sanitaires..., qui donnent tout leur sens à l'expression "trumpienne" de "pays de merde" lorsqu'on l'applique aux deux Congo, mais gardons nous de pas plonger dans l'extravagance qui marque le mandat du président américain. En bon business man, Trump de ne peut dire de la RDC que c'est un pays de merde car son sous-sol contribue largement à satisfaire la boulimie américaine des nouvelles technologies. Reconnaissons donc que la RDC a véritablement des dirigeants de merde. Tout de même nous comprenons les réprobations de certains responsables à l'instar du Sénégalais Macky Sall, dont le pays est aujourd'hui cité en exemple en matière de gouvernance et d'alternance politique.

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