CONGO-BRAZZA. Pour la police, ce sont les extraterrestres qui ont torturé Nelson Apanga

Le syndicaliste Nelson Apanga sur son lit d'hôpital à Brazzaville - Image DR

Société
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La police congolaise nie la pratique de la torture dans ses lieux de détentions à défaut de lui trouver des excuses. Un sujet publié par La Voix de l'Amérique le 22 mars sur la pratique systématique de la torture au Congo fait le buzz dans la blogosphère congolaise. Des témoignages accablants de victimes sur la pratique de la torture et des traitements inhumains et dégradants. 

"Ils m’ont tabassé comme un voleur avec des bâtons, et m’ont jeté dans une marre d’eau pour nager. Et puis une femme est venue me faire avaler tout un pot de piment, avant qu’un monsieur ne viennent avec du plastique. Il l’a brûlé et me l’a coulé sur le dos, jusqu’à la tête", témoigne un jeune de 14 ans à VOA Afrique."Ils ont demandé au chef de poste de me sortir dans la cour du commissariat. J'étais menotté et ils m’ont suspendu sur une barre de fer au niveau de genoux regardant le soleil. La douleur a duré plus d’une heure et le sang coulait de mes poignets" explique à VOA une autre victime, 50 ans environ, torturé dans un commissariat de Brazzaville.

Du côté de la police congolaise on feint d'ignorer sinon de minimiser la pratique la torture. "Si certaines pratiques étaient tolérées hier, ce ne serait plus le cas aujourd’hui. La direction de la police dont j’appartiens organise des formations pour élever le niveau professionnel des policiers", indique à VOA le lieutenant-colonel Bahizaha de l’Ordre public à Brazzaville. Cette intention louable de professionnalisme ne reflète nullement la réalité dans les lieux d'incarcération. 

Le 10 février dernier le syndicaliste étudiant Nelson Apanga fut arrêté par la police, puis transféré dans les locaux de la DGST. Là, il subit la torture, ses parties génitales seront brûlées à la bougie, ce qui lui vaudra une hospitalisation en urgence à l'Hôpital militaire de Brazzaville assortie d'une sonde urinaire car selon les témoignages de ses proches, il "urinait du sang". D'autres syndicalistes étudiants arrêtés avec Nelson Apanga seront aussi torturés. L'un d'entre eux, Beranger M. va perdre l'usage d'une jambe et de la main droite. 

Ces traitements inhumains et dégradants n'ont jamais été dénoncées et condamnées par la police congolaise. A en croire la police qui nie la pratique de la torture par ses éléments, Nelson Apanga aurait-il été torturé par des extraterrestres. Devant la réprobation des ONG des droits de l'homme, la police congolaise cherche à s'assurer une bonne image. Elle gagnerait en bannissant les traitements dégradants, en les dénonçant et en les condamnons publiquement.