Toulouse: Gabriel Nzelemona, le plus ancien restaurateur congolais

Gabriel Nzelemona, 63 ans, est le chef du Mayombe - Copyright Ladepeche.fr

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Gabriel Nzelemona, 63 ans, est le chef du Mayombe, le plus ancien restaurant africain du quartier Saint-Cyprien. Une figure de la rue de la République.

 

Une bonne côte de bœuf. Chez un ami restaurateur à Samatan. À deux, sinon rien.

Le Mayombe a ouvert en 1985. Dominique Baudis venait de succéder à son père au Capitole. «Baudis, Douste-Blazy, Moudenc, Cohen… tous les maires de Toulouse sont un jour venus manger au Mayombe», sourit fièrement le patron des lieux.

Le petit restaurant de la rue de la République, dans le quartier Saint-Cyprien à Toulouse a ouvert la voie à la diaspora africaine de la ville. Si bien qu'aujourd'hui, la rue est une des plus cosmopolites. «Il y a l'épicerie BGM Market, le coiffeur Look Coco, le restaurant Saveurs d'Asie, et le Carson City bien sûr, cite Gaby. Un beau mélange». «Gaby, c'est un peu le «Saint» de la rue. Il a aidé tout le monde à s'installer. Il m'a donné des conseils sur la qualité de la marchandise, l'emploi, les comptes, tout», raconte Akol, un ancien basketteur soudanais, qui a ouvert l'épicerie BGM il y a près de 20 ans.

«Est-ce que c'est le plus ancien de la rue ? Ah non, le plus ancien, c'est moi, rectifie gentiment Dominique Bertrand, le patron du Carson, le diner américain de la place Olivier. Je suis arrivé en 1984… Avec Gaby, on est les doyens de la rue, en tout cas. À l'époque, la place Olivier était le rendez-vous des clochards. Le quartier s'est bien amélioré… J'ai vu grandir ses enfants, et lui, les miens. Gaby, c'est quelqu'un d'adorable. On peut s'engueuler sur la politique pendant une heure, mais ça ne nous empêche pas de boire un coup ensemble après.»

«Ce qui a fait la longévité du Mayombe, c'est Gaby. Sa présence, son accueil», raconte une amie, croisée au restaurant lors de notre rencontre avec Gaby. Salariée de l'Éducation nationale, elle vient «donner un coup de main» au restaurant. «Pour le plaisir, l'atmosphère.» Jusqu'au jour où elle gagne à la loterie. «Au Millionnaire, se rappelle Gaby. Elle a fait tourner la roue et tout… » Et puis… elle a continué à venir au restaurant, pour aider. «Simplement, parfois, elle disait : Aujourd'hui, je suis cliente. Et elle prenait le plat le plus cher, du champagne et tout…» Voilà pour l'esprit du lieu.

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